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Collection Contes et Fables |
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Merveilleuses, Incroyables, Muscadins,
Petites-maîtresses, Petits-maîtres, Mirliflores, Inconcevables,
Amazones, Muguets, Gandins ... |
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle
français, avec la redécouverte de l'Antiquité, apparaît une nouvelle
sensibilité. Cette modernité que porte le siècle des Lumières, rompt
avec les anciennes valeurs, tout d'abord lentement, puis brutalement à
la Révolution avec les Merveilleuses, les Incroyables et les Muscadins
qui toutefois restent parmi les derniers représentants de l'esprit
aristocratique qui a refusé de fuir en émigrant. C'est aussi à cette
époque que certaines femmes que l'on nomme les Amazones arpentent les
lieux de promenades de leurs airs farouches. Il y a aussi les
Croyables, les Inconcevables, les Inimaginables et les Raisonnables.
Les Gandins, que l'on nomme ainsi au XVIIIe siècle mais surtout au
milieu du XIXe, sont un peu plus cultivés que les Dandys, plus
cérémonieux, évolués, intellectuels, se flattant de plaire aux femmes
et aimant les mettre en valeur (voir la page consacrée au XIXe siècle). Au XVIIe siècle
les Muguets sont des
raffinés qui se parfument avec la plante d'où leur vient le nom et qui
aiment à se distinguer en se parant avec soin et en étant galants. Les
Petites-maîtresses et les Petits-maîtres sont de jeunes délicats à la
mise recherchée et à l'allure maniérée. Ces noms sont souvent employés
de façon péjorative. Tous se retrouvent avec les Mirliflores (ou
Mirliflors) au XVIIIe siècle. Leurs façons sont parfois outrées mais
représentent une facette d'une véritable élégance française et
parisienne.
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LA PETITE MAITRESSE.
Gravure au burin de 28 x 16 cm (avec empreinte du cuivre : 28 x 19,5
cm), provenant de Galerie des Modes
de 1778. Légende : " Petite Maitresse en Robe à la Polonaise de toile
peinte
garnie de mousseline, lisant une lettre - A Augsbourg chez Jean Martin
Will. Faubourg S. Jacques " (famille Will d'Augsbourg et Paris).
Tâches.
Voici quelques définitions de
l’époque :
Petit-maître.
- « On appelle ainsi un jeune homme, qui se distingue par un air
avantageux, par un ton décisif, par des manières libres et
étourdies. »Le Dictionnaire de l'Académie Français, 5ème
Edition, 1798.
- « Jeune homme, qui se distingue par un air avantageux, par des
manières libres et étourdies. L'origine de ce mot est le temps de la
Fronde. "On avait appelé la cabale du Duc de Beaufort, celle des Importants,
on appelait celle du Prince de Condé, le parti des Petits-Maîtres,
parce qu'ils voulaient être les maîtres de l'État. Il n'est resté de
tous ces troubles d'autres traces que ce nom de Petit-Maître,
qu'on applique aujourd'hui à la jeunesse avantageuse et mal élevée. Siècle
de Louis XIV. Un Petit-Maître, avec ses grimaces, est
aussi loin du caractère d'un galant homme, qu'un faux dévot, avec son
air sanctifié, est éloigné du caractère d'un homme véritablement
religieux… Petite-maîtresse, femme, qui affecte les manières
d'un petit-maitre. Celui-ci est plus nouveau, parce que le ridicule
qu'il représente est devenu depuis quelques années plus outré et plus
commun. » Féraud, Jean-François, Dictionaire critique de la
langue française. Marseille, Mossy, 1787-1788.
Petite-maîtresse.
- « Il se dit d'une femme qui, relativement à son âge, a les mêmes
ridicules que le petit-maître a dans le sien. »Le Dictionnaire
de l'Académie Français, 5ème Edition, 1798.
Pour en savoir plus, voir le chapitre IV (pp. 29-38) intitulé ‘Des
Petits-Maîtres’ du livre de François-Antoine Chevrier (1721-1762), Les
Ridicules du siècle (Londres, 1752).
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UNE
PETITE-MAÎTRESSE AVEC SON
PRECEPTEUR.
Gravure du XVIIIe siècle. Les marges sont coupées et il est difficile
de savoir si cette gravure est d'époque bien que cela soit fort
possible. Papier vergé. Au dos est inscrit au crayon : L'aimable
précepteur. Elle fait 26 x 21 cm. Elle est dans un état très moyen
avec des frottements, petites déchirures et pliures. Elle pourrait être
de vers 1770, de Louis Joseph Watteau dit Watteau de Lille (1731 –
1798), petit-neveu de Jean-Antoine Watteau.
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LE
PETIT
MAÎTRE ALLANT EN BONNE FORTUNE & LA PETITE MAÎTRESSE À LA
PROMENADE. Almanach
allemand de l'année 1779 (Zachenbuch zum Nuken und Bergnugen,
Goetingen, J. C. Dieterich), avec de nombreuses gravures liées à la
mode de cette époque venue de France.
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LES
PETITS-MAITRES. Les Ridicules du siècle, de
François-Antoine Chevrier (1721-1762), Londres, 1752. Reliure fine, 1
ère édition, assez bon état. In-12, pleine-basane de l'époque, dos à
nerfs orné, manques aux coiffes, mors fendu, vi, 152 pages. Ce livre
contient douze chapitres : De la Cour, De la bonne
Compagnie, Des Femmes du grand monde, Des
Petits-Maîtres, Des Beaux-Esprits, De l’Opéra,
Des Caffés, Des Promenades, Du
Jeu, Des Gens de Robe, Des Financiers, Des
Comédiens François. Il possède un ex libris de Robert
de Billy. Il fut donc dans la bibliothèque de ce célèbre ami d'enfance
de Proust. Ici sont livrés en négatif des portraits du monde de cette
époque. Les moqueries que l’on a fait sur les élégants sont aussi une
source de renseignements, à la manière des Précieuses ridicules de
Molière, texte qui nous informe sur les Précieuses de son temps, ou les
gravures caricaturant les Merveilleuses et les Incroyables à la fin du
XVIIIe siècle. Trois parties sont particulièrement intéressantes : sur
les cafés, les promenades et les Petits-Maîtres. Les cafés sont les
lieux où se rassemblent les modes ; les promenades là où elles
s'exposent. Le chapitre IV sur les Petits-Maîtres (pp. 29-38) nous
offre des informations sur ceux-ci. En voici quelques
passages (l’orthographe a parfois été modifié mais pas la
ponctuation) : Passages : " Un jeune homme avait jadis la réputation de
Petit-Maître, lorsque mis magnifiquement il savait se présenter avec
aisance, ses discours, sans êtres solides, n’étaient
qu’extraordinaires, & ses sentiments partagés entre le goût du
public & la façon de penser, avaient un air de vérité sous le voile
de la fausseté la mieux marquée ; d’ailleurs plus indiscret
qu’indécent dans le propos, livré par goût & par usage à ce ton
équivoque, qui annonce moins l’esprit que le désir d’en afficher, sa
conversation était une rapsodie de jeux de mots usés, & de
réflexions plus libres qu’ingénieuses ; tel était le Petit-Maître
du vieux tems […]. Le Petit-Maître du siècle est un homme qui joint à
une figure avantageuse, un goût varié pour les ajustements ;
amateur de la parure, il doit marier agréablement l’agrément avec la
magnificence ; esclave de la mode & des préjugés du jour, il
n’est point asservi à ces mots usés, follement consacrés parmi nous,
sous les noms de raison & de vertu ; copie exacte de la femme
du grand monde, s’il diffère d’elle, ce n’est que par un supplément
d’extravagances & de ridicules ; jaloux de plaire sans être
amoureux, il cherche moins à être heureux que la gloire de le
paraître ; constant dans ses écarts, léger dans ses goûts,
ridicule par raison, frivole par usage, indolent à flatter, ardent à
tout anéantir, ennemi du public qu’il voudrait cependant captiver rien
à ses yeux n’est supportable que lui-même ; encore craint-il
quelquefois de se voir sensé, dans l’appréhension de se trouver moins
aimable. […] Il ne faut pas se persuader qu’avec toutes les qualités
que je viens de détailler dans ce chapitre instructif, on soit en droit
de s’annoncer comme Petits-Maîtres ; il y a encore deux attributs
indispensables à désirer, la naissance & la jeunesse. […] Les
Grâces, Petites-Maîtresses, ne sont pas de ces douairières pesantes,
qui forcées de marcher avec symétrie, ne parlent que le compas à la
main ; la vivacité, tranchons le mot, l’étourderie est leur
apanage : aussi volubile dans le jargon, qu’inconsidéré dans le
propos, un Petit-Maître ne doit jamais réfléchir, & il faut qu’il
déraisonne constamment plutôt qu’il s’expose à ennuyer une minute […].
Un Petit-Maître qui dans les commencements de ses prospérités a vu deux
ou trois femmes de réputation, de ces femmes nées pour donner de
l’éclat à un personnage même ordinaire ; cet homme devient
dès-lors possesseur de toutes les beautés […]. "
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LE VIEUX
PETIT-MAITRE. Moissy, Alexandre Guillaume Mouslier de
(1712-1777), Ecole dramatique de l'homme, suite des Jeux de la
Petite Thalie, Dernier Age, Paris, Bailly, 1770. Il s’agit de la
première édition de ce troisième tome d’Ecole dramatique de l'homme.
Il est constitué de pièces mettant en scène des personnages de plus de
cinquante ans. Le tome second datant de la même année s’adresse à l’âge
viril, c'est-à-dire entre vingt et cinquante ans, et le premier de 1769
aux jeunes personnes de cinq à vingt ans. Dans ce troisième tome, la
pièce intitulée Le Vieux Petit-Maître en Province est
particulièrement intéressante car elle met en scène un « galant de
profession » de plus de cinquante ans (55 ans), qui cherche à se
marier avec soit la fille, soit la mère (une ancienne coquette de
province) pour leur argent. Comme on le constate ici, et comme d’autres
documents le prouvent, le petit-maître est un style d’élégant
typiquement parisien. De plus tous les coquets français sont des
galants appréciant particulièrement la bagatelle et s’enorgueillant de
nombreuses conquêtes féminines, si bien que dans le cas de ce vieux
petit-maître, cela lui fait oublier son âge et désirer une jeune fille
de vingt ans plutôt que sa mère qu’il aurait cependant pu séduire. Du
coup il ne leurre ni l’une ni l’autre, malgré le bel-esprit qu’il dit
avoir. C’est finalement un homme plus rustre mais plus jeune qui se
marie avec la fille. Le caractère rugueux de ce nouveau mari est lui
aussi critiqué. Format in-8 (12,5 x 19,2 cm). En 2 parties :
viij pp. (Avertissement) + 195 pp. (pièces : Le Vieux
Petit-maitre en province, La Force du sang, L’Heureux
malheur, Le Vicieux malade) + 163 pp. (Le Vertueux
mourant, Pensées morales, Tables & Privilège).
Reliure demi cuir abîmée, dos lisse avec trous d’insectes. Intérieur
complet et frais malgré quelques points de rousseurs épars &
des traces d'anciennes mouillures n'affectant pas la bonne
lecture. Vignettes gravées par Caron et culs-de-lampe.
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LOUISE-MARIE-THERESE-BATHILDE-D'ORLÉANS. Gravure
datée de 1774 gravée par Le Beau, de 19cm x 12,7cm, sans marges
mais complète de l'image, collée sur un support de papier fort..
« LOUISE-MARIE-THERESE-BATHILDE-d'Orléans, Duchesse de Bourbon,
Née à St. Cloud le 9 juillet 1750. Gravé par le Beau, 1774. Peint par
le Noir. Dédié et présenté ; A Madame La Duchesse de Bourbon, et à
Monseigneur le Duc de Chartres, par le Beau très soumis serviteur de
leurs Altesse. A Paris chez le Beau, rue St. Jacques. A.P.D.R. [Avec
privilège du Roi] » Le dessinateur est sans doute Simon Bernard
Lenoir un des plus réputés portraitistes du XVIIIe siècle ; et le
graveur Pierre Adrien Lebeau (1748-après 1800).
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L'ELEGANT.
Gravure découpée de la planche II du cahier 13 du Cabinet des Modes ou les modes nouvelles
décrites d’une manière claire
et précise et représentées par des planches en Taille douce,
enluminées, publiée le 25 (ou 15) mai 1786 (d'après une
inscription au crayon au dos) incluse avec deux autres gravures de mode
dans une reliure du XIXe siècle dans laquelle se trouve aussi la
première édition du tome I de : Les Nuits de Paris (1788) de
Nicolas Edme Restif de la Bretonne (1734 - 1806).
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L'ELEGANT.
Gravure provenant de la planche II du premier cahier du Cabinet des Modes ou les modes nouvelles
décrites d’une manière claire
et précise et représentées par des planches en Taille douce,
enluminées, datant du 15 novembre 1785, peinte à l'époque,
incluse avec deux autres gravures de mode dans une reliure du XIXe
siècle dans laquelle se trouve aussi la première édition du tome I de
: Les Nuits de Paris (1788) de Nicolas Edme Restif de la
Bretonne (1734 - 1806).
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LE
CAFE DES INCROYABLES. Café des Incroyables. Ma
parole d’honneur ils le plaisante. 1797. Gravure
présentant un café où se réunissent des Incroyables en 1797. Le titre
reprend une de leurs expressions récurrentes : « Ma parole
d’honneur » (prononcer « ma paole d’honneu ») ; et
la suite est volontairement humoristique puisque le « ils le
plaisante » est dans une orthographe sens dessus dessous faisant
justement référence à leur façon de prononcer. Tous les Incroyables
sont ici affublés d’une perruque blonde (ou d’une coupe ?) 'en
oreilles de chien', c'est-à-dire, comme on le voit, les cheveux coupés
sur le dessus, tombant sur les côtés, longs au dos et tressés pour être
remontés derrière la tête. Certains portent des chapeaux qui sont de
deux styles différents. Ils ont deux boucles d’oreilles rondes et assez
grandes, une cravate qui couvre le menton, une culotte, des bas avec
des motifs, des souliers pointus… Ils tiennent des cannes ; ont
des lunettes, des faces-à-main ou une lorgnette. Un garçon sert du
café. Le décor est de style néo-classique et le dessinateur/graveur
(qui a signé RLL) s’est représenté lui-même sur la droite dans l’ombre,
avec son stylet. Cette gravure fait 37x27cm. Elle est d’époque (1797).
Elle a été peinte. La gravure a été collée, il y a plusieurs
dizaines d’années sans doute, sur un support en bois aggloméré assez
épais. Elle est un peu accidentée et usée. C’est un témoignage
remarquable. Il ne s’agit pas là d’une caricature d’Incroyables comme
on a l’habitude d’en voir à cette époque ; mais la scène choisie
montre ceux-ci s'amusant à se reluquer les uns les autres ou lorgner
d’autres personnes extérieures à leur cercle. Leurs manières semblent
élégantes et amusées, et leur façon de regarder d’une manière
ostentatoire les autres est très française en opposition aux anglais
qui ne se permettraient pas cela. Ici ceci est particulièrement
accentué, presque caricaturé, par les postures et tous les objets qui
leur servent à observer et avec lesquels ils jouent. Il s’agit d’un
document d’exception et rare sur les Incroyables, même si les
Merveilleuses manquent au tableau.
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L'INCROYABLE. Planche 288
de l’an IX (pour 1800) provenant du Journal des Dames et des Modes
fondé à Paris en 1797, et dont Pierre de La Mésangère devient
rapidement le directeur. Cette gravure est d’époque et peinte en ce
temps. Elle porte comme les autres estampes de ce périodique
l’inscription Costume Parisien. En dessous, un texte indique
qu’il s’agit du Costume d’un Jeune Homme qui est celui
caractéristique d’un Muscadin ou d’un Incroyable. Son port est
particulièrement gracieux et son geste de la main est une manière de
langage propre aux Incroyables et Merveilleuses. Cette gravure fait
11,8 x 18,4 cm.
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LES MERVEILLEUSES ET
LES INCROYABLES. Estampe du XIXe siècle intitulée L’embarras
des Queues. Le Bon Genre N°2, représentant deux Merveilleuses
suivies de deux Incroyables s’étant pris, semble-t-il, leurs bâtons
dans les traînes des élégantes. On remarque outre la panoplie
caractéristique, les binocles-ciseaux à la taille de l’un des
protagonistes qui sont des genres de faces-à-main (lunettes que l’on
tient entre ses doigts) utilisées par les Merveilleuses et Incroyables.
Texte du bas : Déposé à la Bibliothèque Nationale - Rue
Montmartre n° 132. Il s’agit des inscriptions originales (voir
l’exemple du Musée Carnavalet sur http://www.photo.rmn.fr). Dimensions de 33,4 x
25,2 cm avec les marges et 26,2 x 20,5 cm sans. Il s'agit d'une gravure
anonyme originale du début du XIXe siècle, sur papier vergé collé
(marouflé) sur un papier semblable lui-même collé sur un support (en
carton) de cadre plus récent. Nombreuses taches brunes et quelques
altérations dues au temps.
Le Bon Genre a été édité de 1800 à
1822, tout d’abord en 115 dessins humoristiques au format in-8° (d'à
peu près 22 x 25 cm) commencés en avril 1800. En 1817 les 104 premières
planches ont été rééditées avec un texte de 29 pages par La Mésangère
et Pierre-Antoine Leboux sous le nom d’Observations
sur les modes et les usages de Paris pour servir d'explication aux
caricatures publiées sous le titre de Bon Genre depuis le commencement
du dix-neuvième siècle, in-4° oblong, imprimerie L.-G. Michaud.
Ensuite, La Mésangère a édité 11 nouvelles planches numérotées de 105 à
115, dessinées par Louis Marie Lanté et gravées par Gâtine. Elles ont
paru de 1818 à 1822. La série complète, accompagnée du texte est
rééditée au format in-fol en 1822 par l’imprimerie de Charles Crapelet
(1762-1809) et en 1827 par Vassal et Essling avec le titre d'Observations
sur les modes et les usages de Paris, pour servir d'explication aux 115
caricatures publiées sous le titre de Bon genre depuis le commencement
du dix-neuvième siècle. Une réédition en a été faite en 1928-1931.
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LA REPONSE
INCROYABLE « LA REPONSE INCROYABLE 1. [l'Anglais
(à droite)] Bon jour Mylord ! Je suis charmé de vous voir à
Paris, comment vous portez-vous ? 2.[l'Incroyable] Je
vous suis obligé de votre gracieuse demande, mais ne pouvant répondre
de moi-même, je vais dépêcher un courrier à Londres ; et à son
retour, je saurai la réponse que je dois vous faire. » A Paris,
chez Depeville, rue des Mathurins St Jacques, aux deux Pilastres d’Or.
Gravure sans doute de la fin du XVIIIe siècle. Depeuille officiait à la
fin du XVIIIe siècle. Dimensions : 25,2 x 30,3 cm. La façon dont les
Incroyables utilisent des circonvolutions est raillée dans cette
caricature. L’absurde maniéré est une façon qu’utilisent ces gens à la
mode pour se démarquer et marquer leur univers en parfait décalage avec
le commun, et aussi les mœurs anciennes que symbolise ici l’Anglais
habillé à la manière du XVIII e siècle avant que l’Antiquité devienne à
la mode.
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L'INCONCEVABLE.
Cette gravure de la fin du XVIIIe – début XIXe explique d’où viennent
les noms que l’on donne à certaines personnes à la mode au XVIIIe
siècle comme les Merveilleuses, Incroyables, Inimaginables,
Inconcevables etc. Il s’agit d’expressions de l’étonnement qui se sont
métamorphosées en noms communs. La légende de la gravure est la
suivante : « C’EST INCONCEVABLE Tu n'es [écrit "n'est"]
point reconnaissable ». C’est une personne qui s’exclame
cela en constatant combien a changé une jeune fille de ses
connaissances. Elle est accompagnée d'un Muscadin/Incroyable et
habillée à l'Antique. A la fin du XVIIIe siècle, on appelle parfois
Inconcevables les jeunes filles qui imitent la mode de l'Antiquité.
Cela change radicalement de la mode féminine d'alors d'où l'expression
'C'est inconcevable' et l'appellation d'Inconcevable qui marque
l'étonnement d'une manière encore plus péremptoire que Merveilleuse.
Cette gravure semble être de J. P. Levilly actif à partir de 1792.
Cette estampe montre aussi que cette jeunesse là n’est pas coupée du
populaire, n’est pas obligatoirement « dorée » comme on le
dit souvent, mais qu’elle possède sans conteste une richesse qui lui
est propre : celle que seul son âge peut offrir. La gravure
coloriée fait 16 cm sur 25 cm (feuille entière). Elle a des
taches de rousseur et a été collée sur un carton. Elle est peut-être de
J. P. Levilly (actif d'après la Réunion des Musées Nationaux à partir
de 1792).
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LA RENCONTRE DES INCROYABLES. Gravure
par L.-C. Ruotte d'après Bunbiry : «La Rencontre des Incroyables »
« hé ! Bonjour mon ser comme tu es engraissé depuis que je ne
t'ai vu ; ma pa-ole d'honneur c'est Inconcevables ». Cette
estampe est sans doute une reproduction bien postérieure à l'édition
originale qu'elle reprend. Cette caricature représente deux
incroyables, sans doute des agioteurs, que la Révolution a engraissés.
Beaucoup de ces « nouveaux riches » prennent les manières des
premiers incroyables, de la même façon que certaines prostituées du
Palais royal imitent les merveilleuses. Comme d'habitude les copies
nous donnent des renseignements sur les originaux. Ces incroyables ont
les deux types de chapeaux pour hommes à la mode alors : le
bicorne et l'ancêtre du haut-de-forme ; et les deux sortes de
coiffures : perruque à 'oreilles de chien' et cheveux courts à la
Talma. Un a des boucles d'oreilles. Tous deux portent une cravate haute
qui leur cache le menton, un gilet (dont un à rayures vertes et
blanches : deux couleurs de l'ancien régime et de la royauté, le gilet
encadrant du reste un médaillon représentant Louis XVI), une redingote,
une culotte, des bas avec jarretières (on ne voit que les jarretières
pour celui de droite ses bas étant cachés par des guêtres jaunes) et
des chaussures pointues à talons bas dont la paire de celui de droite
rappelle certains exemples de poulaines
médiévales à bouts parfois
très longs. Il se saluent en croisant leur petit doigt. Le texte
insiste sur leur façon de parler en zozotant et en ne prononçant pas
les
'r'.
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LA FOLIE DU JOUR. Gravure signée
« Trecsa sculp. ». Elle est de Salvatore Tresca (1750-1815),
artiste sicilien né à Palerme et établi à Paris. En 1788 il 'sculpte'
« divers sujets à la manière pointillée anglaise » (Histoire de l'art pendant la Révolution
1789-1804 par Jules Renouvier et Anatole de Montaiglon, 1863).
Il est à l'origine de plusieurs estampes caricaturant des incroyables,
et dont la signature laisse à penser qu'il s'inspire de l'oeuvre d'un
artiste comme peut-être Louis-Léopold Boilly (1761-1845).
« Un jeune homme, en culotte collante, et une jeune femme, en robe
diaphane, dansent un pas de boléro devant un ménétrier. On ne saurait
imaginer une mise en scène plus piquante des travers et des grimaces
des habitués des bals de l'hôtel Mercy et de l'hôtel Thélesson. » (ibidem). Les deux protagonistes de
l'image dansent donc soit le boléro soit une valse. La merveilleuse
porte une des toilettes du Directoire que la baronne de Vandey appelle
« simples et élégantes », très transparente comme celle
qu'elle décrit : « Sa robe en tulle n'avait en dessous qu'une
mousseline tellement claire, qu'on pouvait distinguer la couleur de ses
jarretières. » (Souvenirs du
Directoire et de l'Empire, 1848). Ici on aperçoit sous la longue
robe une véritable mini-jupe. Cela accentue le caractère lascif de
cette chorégraphie suggéré aussi par le mouvement où les corps et les
regards se croisent au rythme du violon. La caricature du musicien en
poivrot, assis au milieu de bouteilles de vin, avec la pièce de monnaie
dans sa bouche donnée pour sa prestation, insiste sur l'aspect assez
'licencieux' de cette danse que le titre de l'estampe rend encore plus
flagrant : 'La Folie du jour'. Cette gravure d'époque a été
encadrée sans doute récemment. Elle a été collée sur du carton. Le
cadre fait 41,5 x 46 cm, et l'intérieur (aspect visible de l'estampe)
30,5 x 34,5 cm.
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UN INCROYABLE/MIRLIFLOR AVEC MERVEILLEUSE
DE
1802. Cette gravure est
avec le titre « Costume Parisien ». Il s'agit sans doute
d'une copie étrangère du Journal des Dames et des Modes
mais de l'époque ; car la véritable planche n'a pas cette
numérotation. Cette revue est par exemple copiée en Allemagne
quelques semaines après l'édition originale. Elle est
datée de 1802. Planche 19. Avec comme intitulé : « Costume
de Bal ».
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LES
MERVEILLEUSES. Les oublies
seraient
des petites gaufrettes, ayant la forme d'un cône, vendues par d'anciens
soldats sur leur tambour avec un système de loterie. L'estampe
représente peut-être un fils de soldat, ayant l'allure d'un Muscadin
face à des Merveilleuses. Elle a pour titre : « Les
Oublies ». Les Merveilleuses sont habillées à la mode du tout
début du XIXe, c'est-à-dire dans des tuniques et drapés à l’antique. Le
soldat quant à lui porte le chapeau caractéristique, la coupe de
cheveux tombant sur les côtés du visage et une natte au dos (longue
tresse appelée ‘cadenette’ et souvent attachée derrière la tête par un
peigne et qui semble avoir une origine militaire). Son costume est
assez rustique bien que typique, et ses chaussures ont la forme de
sabots. Le dessinateur est le baron François-Joseph Bosio (1768 -1845)
dont on peut voir d’autres gravures sur le site de la Réunion des
Musées Nationaux avec cette même signature : ‘D. Bosio’
(cliquez ici). Le graveur est Nicolas Schenker
(1760 – 1848). Cette image est de la première moitié du XIXe siècle,
sans doute d'époque 1er Empire.
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LA MERVEILLEUSE.
Il s'agit de la moitié droite de la gravure (technique du pointillé) de
Louis Darcis d'après Carle Vernet (1758-1836) datant de 1796 et
intitulée « Les Mérveilleuses ». Dimensions : 25,3 x 14,4 cm.
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LA MERVEILLEUSE. Authentique
peinture polychrome sur une sous-tasse en porcelaine allemande du
Directoire représentant une merveilleuse avec l’accoutrement
typique : tunique vaporeuse à l'antique, chapeau avec très longue
visière. Signature au dos de Van Recum de Frankenthal (Allemagne),
marque utilisée de 1797 à 1799. Accidents, fêle et cheveux.
Dimensions : 10,7 cm de diamètre.
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UNE MERVEILLEUSE. Les
Merveilleuses, appelées de cette manière dès le milieu du dix-huitième
siècle, adoptent des modes excentriques, et après le 9-Thermidor (27
juillet 1794) et sous le Directoire (1795-1799) s'habillent de
transparentes robes à l'antique, à la ceinture haute, avec de grands
chapeaux à brides. Les vêtements ne sont plus amples pour les femmes ce
qui leur donne des allures élancées. L'accoutrement est moins riche,
beaucoup plus simple qu'auparavant. Gravure du XIXe siècle représentant
une Merveilleuse. Cette estampe n'est pas de l'époque des Merveilleuses
(fin XVIIIe - début XIXe), mais est un document intéressant. Le chapeau
de cette Merveilleuse est typique.
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UN INCROYABLE. Les
Incroyables, sous le Directoire, sont des hommes qui affichent une
recherche extraordinaire dans leur mise et leur langage. Leur surnom
vient du fait qu'ils ont alors l'habitude de répéter à tous
propos : "C'est inc-oyable.", sans prononcer le "r". C'est ce
qu'on appelle un 'garatisme' qui consiste en un grasseyement mis à la
mode par le chanteur Garat. On prononce par la gorge certaines
consonnes et en particulier les "r". Les Incroyables se différencient
aussi par leurs habits et leurs allures mystérieuses de conspirateurs.
Ils portent souvent des vêtements verts bouteilles ou rayés, ornés de
larges boutons, avec de longues basques qui recouvrent à moitié une
culotte plissée. Ils se chaussent de bas d'une couleur voyante et de
petits souliers à bouts pointus. Ils portent une perruque 'en oreilles
de chien', un chapeau à deux cornes et ont toujours avec eux un bâton
noueux. Gravure du XIXe siècle représentant un Incroyable. Cette
estampe n'est pas de l'époque des Incroyables (fin XVIIIe - début
XIXe), mais est un document intéressant. La tenue de cet Incroyable est
typique de l'époque Directoire : habits rayés, petits souliers à bouts
pointus, lunettes, perruque 'en oreilles de chien', chapeau à deux
cornes, bâton noueux. La gravure originale date, semble-t-il, de 1788
et a pour titre : "Incroyable en habit de gala".
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UNE MERVEILLEUSE.
Gravure du XIXe siècle représentant une Merveilleuse portant,
semble-t-il, une "tunique à la grecque". Cette estampe n'est pas de
l'époque des Merveilleuses (fin XVIIIe - début XIXe), mais est un
document intéressant. Dimensions avec marges : 18,5 x 24,7 cm ; et sans
les marges : 11 x 15 cm.
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UN INCROYABLE.
Gravure du XIXe siècle représentant un Incroyable coiffé d'un bicorne
Louis-Léopol.. Cette estampe n'est pas de l'époque des Incroyables (fin
XVIIIe - début XIXe), mais est un document intéressant. Dimensions avec
marges : 18,3 x 25,2 cm ; et sans les marges : 11 x 15 cm.
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UNE MERVEILLEUSE. Gravure
du XIXe siècle représentant une Merveilleuse. Cette estampe n'est pas
de l'époque des Merveilleuses (fin XVIIIe - début XIXe), mais est un
document intéressant.
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UN MUSCADIN. Les
Muscadins sont désignés ainsi en référence à un des parfums favoris des
élégants du milieu du dix-huitième siècle ayant une odeur prononcée de
musc. Dans la 1ère édition du Dictionnaire de l'Académie Français
ont peut lire qu'il s'agit d'une "petite pastille de bouche composée de
musc & d'ambre". Les Muscadins affectent une mise soignée, font des
poésies et fréquentent les salons. C'est aussi ainsi qu'on appelle sous
la Révolution les royalistes qui se distinguent par leur élégance
recherchée. En ce sens, ce mot est utilisé à cette époque au
féminin et de façon péjorative : "muscadine". Gravure du XIXe
siècle représentant un Muscadin. Cette estampe n'est pas de l'époque
des Muscadins (fin XVIIIe - début XIXe), mais est un document
intéressant.
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LE JARDIN DE TIVOLI. Le
jardin de Tivoli est un des endroits où les gens à la mode comme les
Merveilleuses et les Incroyables aiment à se retrouver. Il est l’œuvre
d’un des fils du riche financier Boutin qui fait construire en 1766 ce
parc sur 8 hectares à l’actuel emplacement de la gare Saint-Lazare. Le
nom lui est donné en référence aux jardins de Tivoli près de
Rome ; mais on l’appelle aussi ‘ La Folie Boutin’. Il n’en reste
rien aujourd’hui. Mais jusqu’au début du XIXe siècle, on y trouve une
multitude d’attractions. On y joue au jeu de bague, au tape-cul, on y
boit, on y danse, on y applaudit des comédiens et des danseuses sur un
théâtre de verdure, on y fait des rencontres … La gravure proposée
provient de "Mode du Jour" et est intitulée : "Le Jeu du tape-cul au
Jardin de Tivoli". Estampe d'époque (fin XVIIIe - début XIXe).
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LE JARDIN DE
TIVOLI. "Mode du Jour" "Les amusements de la Bague Chinoise
au Jardin de Tivoli". Gravure d'époque (fin XVIIIe - début XIXe).
Voici l’extrait du
journal de voyage à Paris en 1810 de Rudolf-Samuel-Karl de Luternan,
publié pour la première fois en août 1950 dans la Revue de Paris :
« Tivoli. À huit heures, nous quittons les boulevards pour nous
rendre au jardin de Tivoli (rue Saint-Lazare), où pour 6 francs une
fête charmante nous attendait. Les premiers pas que l’on fait préparent
l’imagination à un " spectacle féerie ". Il fait obscur. On entend,
sans la voir, une assez bonne musique. L’entrée est décorée de fleurs
et de beaux orangers. Les ombres de la nuit, une faible lumière,
rendent cette entrée mystérieuse : on devine à peine les objets,
néanmoins, le parfum des fleurs vous indique un jardin. Peu à peu, le
théâtre s’agrandit, on a quitté la faible lumière, et on se trouve au
milieu d’une société assez choisie et nombreuse, qui se promène de tous
côtés dans les allées du vaste jardin, illuminé avec goût de lampions
de couleurs variées. Des guirlandes de feux tiennent les arbres,
décorent la verdure et la rendent brillante. Sous ces feuillages
étoilés, il règne juste assez de clarté pour reconnaître son monde. Mon
ami, quoique myope, voit enfin ce que depuis longtemps, disait-il, il
avait cherché vainement : des jolies femmes. Mais à son grand
déplaisir, il s’aperçoit aussi, en même temps, que les hommes sont
grands, qu’ils sont beaux et il n’aime pas laisser croître dans son
esprit ces Parisiens, dont il avait eu jusqu’ici une si petite opinion.
Nous circulons au milieu des préparatifs de tous genres, passant d’un
spectacle, d’un bosquet à un autre. Nous nous arrêtons avec la foule
devant le célèbre Olivier, escamoteur fameux, dont les tours
surprenants, ainsi que ceux de ses automates, nous intriguèrent
beaucoup. Nous poussons plus loin : ici, c’est un bal, là un grimacier.
Dans le lointain, on entend un concert. Nous approchons, mais avant que
d’y arriver, nous rencontrons mille détails nouveaux : une grande
optique, un grand microscope, etc., etc. Des couples heureux, mais
fugitifs, traversent çà et là. On croit les suivre, mais bientôt les
lumières plus rares et leur faible clarté en font perdre la trace ; on
se trouve dans les bosquets mystérieux de Cythère et l'œil indiscret
n’y doit pas pénétrer. Nous revenons donc sur nos pas, et voyons un
rassemblement très nombreux qui s’est formé autour d’un tréteau. Ce
sont des danseurs de corde, dont on admire l’agilité successivement
éclipsée par ceux qui les suivent. Mademoiselle Pachy et un très joli
danseur paraissent et viennent surprendre par leur adresse, leur
aplomb, et leurs grâces. Jamais je n’avais encore vu dans ce genre
quelque chose qui en approche. Le saut périlleux est exécuté sur la
corde, en avant et en arrière, sur un seul pied. Je n’y conçois rien.
Pendant qu’on les admire, un coup de canon se fait entendre. Un ballon
de feu se lève dans les airs avec rapidité ; il plane sur Paris :
chacun le suit des yeux et fait ses conjectures sur ce qu’il va
devenir. Mais avant qu’on l’ait perdu de vue, là détonation d’un
artifice qui éclate près de là a détourné subitement l’attention. On se
trouve tout à coup au milieu des étoiles romaines qui s’élèvent de tous
côtés. Les feux augmentent, le spectacle s’agrandit : on voit la Pachy,
deux étendards à la main, mesurer des yeux une corde, qui, partant de
terre, s’élève et conduit au sommet d’un temple de plus de cinquante
pieds de hauteur. Elle s’élance sur le rapide sentier ; à l’instant,
les feux redoublent ; de tous côtés, ils jaillissent sur elle ; on la
croit dans le danger le plus imminent. La courageuse Pachy monte avec
intrépidité : ses étendards saluent la foule, la foule lui répond par
des fanfares et des cris redoublés. La musique, les trompettes, mille
coups de feux qui partent et brûlent autour d’elle rendent cette scène
charmante et d’un véritable intérêt. Au milieu des fracas de cette
brillante ascension, la Pachy est arrivée au sommet de son temple. Au
même instant, l’édifice, embrasé par sa main, présente à l'œil étonné
une vaste et superbe illumination. Ce moment, je ne l’oublierai jamais,
est du plus grand effet. La Pachy suspendue dans les airs, au milieu
des feux pétillants qui semblent devoir la dévorer, les traverse avec
calme et redescend en triomphe. Ce moment fait trembler pour elle le
spectateur nouveau et non prévenu. Elle arrive enfin à travers les
flammes, et pendant que l’air retentit des cris de joie mille fois
répétés, et au moment où l’on croit le spectacle fini, une détonation
effroyable fait tourner les têtes du côté opposé. C’est un volcan qui
s’est ouvert tout à coup au sommet d’une colline, et qui vomit des feux
de toutes couleurs. Cette transition subite et d’un à-propos admirable
produit le plus grand effet : tout à l’heure, c’étaient des feux
brillants et d’une blancheur éblouissante ; ici, c’est au contraire la
sombre et menaçante rougeur d’une lave brûlante. On la voit se former
au milieu des éclats souterrains, pendant près d’un quart d’heure, et
détruire enfin dans ses torrents le simulacre d’Herculanum. Voilà, en
abrégé, ce que nous venons de voir dans ces lieux enchanteurs. Le
silence qui a succédé à ce beau tintamarre nous permet de sentir que
nous avons faim et soif. Nous passons un quart d’heure au café et
cherchons enfin la sortie du jardin. Mais avant que d’arriver à
l’issue, deux voix d’homme délicieuses, qui partent d’un kiosque de
verdure, arrêtent nos pas. Leur chant mélodieux semble être l’adieu de
l’entrepreneur de la fête. Nous l’écoutons un bon moment, et quittons
enfin ces lieux, bien satisfaits de tout ce que nous venons d’y voir.
Nous conserverons longtemps, May et moi, le souvenir de cette fête
agréable, dont les détails, les variations multipliées, et surtout
l’à-propos de transition et des grands coups de théâtre, ne laissaient
rien, absolument rien à désirer. Et tout ça pour 6 francs. » Ce
texte a été tiré de :
http://www.histofig.com/empire/edition_documents_04.php
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MERVEILLEUSES.
Cette petite gravure est sans doute tirée d’un livre de la fin du
XVIIIe-début du XIXe s. Elle représente une scène où une vieille femme
en habits de la fin du XVIIIe tient un jeune homme par sa cravate. Elle
s’adresse à 3 filles et un homme en leur disant : « Il
soupire pour les beaux yeux de ma cassette ». Le jeune homme est
habillé à l’ancienne mode, contrairement à ceux qui entrent par la
porte ; avec en particulier trois Merveilleuses portant des
tuniques et drapés à l’Antique. L’une est parée de couronnes de fleurs.
Quant au personnage du fond, il pourrait s’agir d’un Incroyable.
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MUSCADINS. Cette
très petite gravure, dont l’origine est inconnue, mais qui est de la
fin XVIIIe – début XIXe s., représente des muscadins. Ils portent tous
les deux de petites chaussures pointues et une cravate couvrant leur
menton (que certains font monter jusqu’à la lèvre inférieure ou même
masquant toute la bouche). Celui de gauche a une grande boucle
d’oreille et des mouches sur son visage. Celui de droite tient un
chapeau bicorne, est couvert semble-t-il d’une perruque 'en oreilles de
chien' et d’un collet noir.
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1801-1802. MISE D'UN JEUNE HOMME.
Planche 363 de l'an 10 provenant du Journal des Dames et des Modes, de
19,8 x 12,4 cm, avec pour légende : « Mise d'un Jeune
Homme ».
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LE MIRLIFLOR. Détail
d’une gravure du début du XIXe siècle peinte au pochoir, peut-être une
image d’Epinal, représentant différentes caricatures de personnages (CARICATURE.
4me tableau) dont une intitulée M. Mirliflor et
représentant un de ces jeunes hommes à la mode que déjà au XVIIIe
siècle on appelait ainsi. Il a un immense chapeau, une cravate qui
monte haut et ce qui ressemble à un imposant jabot. Il est intéressant
de noter que si durant la révolution les Incroyables et autres
Muscadins faisaient tout pour ne pas être enrôlés dans l'armée de la
Révolution, sous le Directoire certains deviennent les représentant du
nouvel ordre. On trouve dans l’armée de Napoléon de nombreux habits à
la mode des Incroyables. Napoléon lui-même s’habillait parfois à la
façon d’un Incroyable. Et les immenses chapeaux de certains Incroyables
se retrouvent portés par des généraux et autres soldats de Napoléon,
des policiers, des Mirliflors ... Du reste, il est difficile de trouver
une autre époque où les hommes portent des couvre-chefs aussi
extravagants. La gravure fait dans son ensemble 28x31 cm, et le détail
avec M. Mirliflor : 5,2x8,1 cm. On remarque que la
caricature du Chien qui file a été collée au dessus d’une
autre dont on voit en transparence qu’il s’agit d’un homme bien habillé
regardant une statue de femme nue, avec en dessous l’inscription :
M. Mayeux à la promenade. Le
Dictionnaire de l'Académie Français de 1798 (5ème Edition) donne
cette définition du Mirliflore : "
Terme familier, pour dire, un agréable, un merveilleux."
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LE
MIRLIFLOR. Planche 448 de l’an XI (1802) provenant du Journal des Dames et des Modes
fondé à Paris en 1797, ayant pour titre : « Costume Habillé,
mais non d'Étiquette » Au dessous, entre parenthèses, est
indiqué : « le Chapeau et l'Épée se trouvent à droite par
l'inadvertance du Graveur) ». A
cette époque la culotte assez courte et le bas de soie sont encore des
éléments du costume d'étiquette. Au XIXe siècle le noir va de plus en
plus en être aussi. Cette gravure est importante pour d'autres
raisons : le grand bicorne, la coupe de cheveux courts, un usage
de la dentelle provenant des générations précédentes, la cravate haute
… enfin des éléments mélangeant une très grande modernité à des codes
un peu plus ancien : un mélange du dandysme naissant et du
muscadin passé : le mirliflor. La feuille entière fait 20,8 x 13,4
cm.
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UNE CANNE
D'INCROYABLE. Partie centrale (fût) d'une canne d'Incroyable,
en racine torsadée piquée par des galeries d'insectes.
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LES GALANTS SURANNES.
« Les Galan[t]s Surannés ou Les Petits Papa à la Mode ».
Aquatinte « Dessiné[e] et Gravé[e] par Dbt [pour
Debucourt] », « Germ.al 1804 ». La feuille entière fait
45,6 x 28,7 cm. Papier vergé épais avec des taches très légères.
Philibert Louis Debucourt (1755-1832) est un artiste connu pour ses
gravures et l’originalité des procédés qu’il utilise ou met en place.
Il est à l’origine de nombreuses images de mode comme La Promenade
publique , certaines du Journal des Dames et des Modes, celles
de Modes et Manières du Jour … L’aquatinte que nous
présentons ici est une caricature de « vieux beaux » habillés
en Incroyables face à des Merveilleuses. Elle est datée de 1804.
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LES GENERATIONS DE
MODES. Le Jeu du Diable, eau forte aquarellée avec
chanson : "Air des fraises". Bon état. Petite déchirure dans le
haut sans gravité (loin de la gravure), papier bleuté. Petites taches
rares. La feuille entière fait 35,1 x 26,3 cm et la gravure 24,9 x 20,2
cm. « Air des Fraises / On joue à ce jeu charmant / Lorque L’on
est aimable / Vieillard en vain L’imitant / Envoie tout en murmurant /
Au Diable, au Diable, au Diable. » Gravure du début du XIXe
siècle. Cette estampe est une allégorie. Trois générations sont
représentées avec deux couples, un de l’ancien temps, habillé dans le
goût passé et s’essayant à un jeu moderne que les jeunes maîtrisent. Le
second couple est moderne. La jeune fille est habillée en Merveilleuse.
On remarque son décolleté qui montre la poitrine presque entièrement.
Sur certaines gravures les tétons sont apparents. Le jeune homme est à
la mode du début du XIXe siècle aussi. Au dos est marqué à
l’encre : « N°15 ». Dans le Dictionnaire de l'Académie
française Firmin Didot frères, 1835), le jeu du diable est décrit comme
« Une sorte de double toupie que l’on fait tourner rapidement sur
une corde attachée à deux baguettes, et qui ronfle avec beaucoup de
bruit. »
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LES VISITES. « A
Paris chez les Mds [Marchands] de Nouveautés. » « P. L.
Debucourt del. et sculp. », « Publié le 1 er Jour du 19me
Siècle.». Le dessinateur et graveur de cette aquatinte et burin est
Philibert Louis Debucourt (1755-1832), un artiste connu pour ses
gravures et l’originalité des procédés qu’il utilise ou met en place.
Il est à l’origine de nombreuses images de mode comme La Promenade
publique , certaines du Journal des Dames et des Modes, celles
de Modes et Manières du Jour … L’ensemble du papier (non
vergé) fait 40,8 x 28,5 cm. Restaurations (voir photographies).
Généralement cette gravure est présentée avec celle intitulée
« L’Orange ou Le Moderne Jugement de Pâris » du même artiste.
Nous avons ici mis en scène des Merveilleuses et des Incroyables qui
viennent leur rendre visite. Ils ont des cadeaux : papillotes,
sucreries … Un homme lit une lettre à une Merveilleuse qui tient un
almanach. Certains des Incroyables ont la coiffure aux tresses et les
autres la coupe à la Titus. Le mobilier est néo-antique à l’égyptienne.
La position du personnage debout de droite, ressemble à celle qui sera
celle des gandins ou des gommeux, du moins tels qu’on peut les imaginer.
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LES VISITES. La
même que la précédente mais peinte. |
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LES MODES DE 1789
à 1804. Gravure de la première moitié du XIXe siècle incluse
avec deux autres gravures de mode dans une reliure du XIXe siècle dans
laquelle se trouve aussi la première édition du tome I de : Les
Nuits de Paris (1788) de Nicolas Edme Restif de la Bretonne (1734
- 1806). Cette image reproduit une gravure de 1801 identique mais
indiquée " 1801 " sous le couple de droite alors que celle-ci porte "
1804 " : ce qui est peut-être
sa date. On reconnaît des petits-maîtres, petites-maîtresses,
merveilleuses, incroyables ...
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LE MACARONI.
Cette estampe met en scène de façon à peine caricaturale les suiveurs
femmes et hommes de la mode française en Angleterre. Le coiffeur
représenté sur l’estampe a la tournure caractéristique d’un Macaroni.
En Angleterre on appelle ainsi les jeunes extravagants s’inspirant à
leur manière des modes continentales : françaises, italiennes …
d’où leur surnom. Quant aux dames, elles sont ici habillées à la mode
du continent avec une haute chevelure assortie de divers
ornements : ici des plumes, type de coiffure mise au goût du jour
à Paris. Le tout est à peine caricaturé et subtilement amusant (humour
anglais) car cela se passe véritablement comme cela à cette époque
: le coiffeur juché sur un tabouret, la servante tenant dans ses mains
un panier rempli de fioritures prête à être ‘plantées’ sur la tête de
la dame assise devant sa table de toilette. Le titre quant à lui n’est
pas flatteur pour cette mode pourtant caractéristique du XVIIIe
siècle : "The Preposterous Head Dress or the Feathered Lady",
(« La coiffure absurde ou la dame emplumée »). La gravure
d’époque est très abîmée et jaunie ; mais elle reste un document
exceptionnel et de qualité. La date de 1776 est
lisible (« "Pub by M Darly, 39 Strand March 20, 1776" »)
et le papier est bien du XVIIIe siècle comme le prouve le filigrane en
forme de fleur de lys et blason. Le nom de l’artiste est indiqué :
Matthias Darly. C’est un caricaturiste, graveur et même designer de son
époque (il dessine de nombreux meubles). Il a sa propre boutique à
Londres au « 39 Strand March 20 ». Cette gravure fait 26 x 36
cm. Elle est d’époque et très abîmée.
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LE PARFAIT MACARONI. Gravure d'un
macaroni et de son coiffeur ayant pour titre : « Now Sir
You'r a compleat Macaroni. » ce qui peut être traduit par
« Maintenant Monseigneur vous êtes un véritable macaroni. »
Cette estampe d'époque est de James Caldwall (1739-1822) d'après Michel
Vincent Brandoin (1733 - 1807). Ces deux artistes sont associés à
plusieurs gravures de vers 1770 comme The charming millener of – Street et A modern demirep on the look-out. Dimensions :18,5
x 13,3 cm. |
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L'ORIGINAL.
Gravure intitulée « L'Orignal » du début du XIXe siècle. Le
jeune homme porte les cheveux en arrière, une cravate attachée par un
noeud sur un haut col, un jabot … ainsi qu'une châtelaine, comprenant
un coeur, un carquois de Cupidon, un sceau ... « A paris, chez
Martinet, Libraire, rue du Coq, N° 13 et 15 »
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LES
MUSCADINS. Claretie, Jules (1840-1913), Les Muscadins,
deuxième édition, Paris, E. Dentu, 1874. Deux
volumes, tomes premier et second. Reliure demi chagrin vert empire.
12x18cm. Dos à nerfs. Petites épidermures mais tout à fait
correct et complet avec 363 et 338 pages. La première
partie s’intitule Le comte de Favrol et la seconde Jeanne
Lafresnaie. 1874 est l’année de la première édition. Jules
Claretie met en scène des Muscadins, Merveilleuses, Incroyables… à
l’époque du Directoire « Chez le
Napolitain Garchi, boulevard Montmartre, dans cet hôtel Lecouteux, où
Lavoisier avait habité en 1793, toute la jeunesse dorée se
pressait, admirant les salons somptueux, les jardins illuminés en
verres de couleur, et conviant les parents des décapités à des bals
à la victime, où la folie parodiait la mort. Le luxe se faisait
coquet et précieux. On citait, on enviait, on imitait madame Récamier,
qui, dans sa petite maison de la rue de la Chaussée-d’Antin, au n°7,
s’était fait un boudoir en glaces, ornées de fleurs peintes, avec une
baignoire cachée dans le parquet et recouverte de fleurs. Lorsqu’elle
donnait des bals en son hôtel, on mettait à la disposition des
danseuses des chaussures de toutes couleurs et des bouquets nouveaux
après chaque tour de valse, et madame Récamier remplaçait par quelque
éventail admirable le moindre éventail brisé pendant la contredanse.
[…] Un mot nouveau courait alors sur toutes les lèvres, un mot qui
peignait bien l’heure présente, le mot incroyable.
L’exagération de la mode passait dans la langue. Le garatisme
régnait en maître. On ne se contentait point de chanter comme Garat, on
parlait comme lui. La beauté devenait la divinité.
Le charme cédait le pas au sarme. Les jeunes gens à
la mode étaient des incroyables, des agréables, et
le monde lui-même, au dire de Charlemagne, - obscur aujourd’hui, et
qu’on appelait alors le Montaigne de la poésie, - le monde
devenait un monde incroyable : Plaisant séjour que ce
Paris !/ Je suis badaud, mais tout m’étonne, / Et sur tout ce qui
m’environne / Je porte des yeux éblouis : / Et plus je vois, plus
je soupçonne / Qu’il est des vertus, des talents, / Et des mérites
éminents / Dont ne s’était douté personne : / Des incroyables
probités / Chez les enfants de la fortune, / Des incroyables vérités /
Dans les discours à la tribune, / Une incroyable honnêteté / Dans les
bureaux de nos puissances, / Une incroyable netteté / Dans nos travaux
sur les finances, / Une incroyable utilité / Dans mille lois de
circonstance, / Une incroyable égalité, / Une incroyable liberté / D’un
bout à l’autre de la France. / […] La toilette était en effet la grande
préoccupation de cette ville ruinée. Les vêtements des merveilleuses
devaient ressembler, pour être à la mode,
à du linge mouillé, afin de coller plus parfaitement sur la peau.
Madame de Genlis raconte qu’une petite fille, âgée de six ans, en
jouant avec sa sœur, mit sa jupe et sa chemise par-dessus sa tête et,
comme on la regardait, elle répondit : Papa, je me
drape ! « Chaque femme, dit Kotzebue, qui vit alors
Paris, chaque merveilleuse devait posséder trois cent
soixante-cinq coiffures, autant de paires de souliers, six cents robes
de douze chemises. » A la promenade de Longchamps de
1797, - au Longchamps, comme on disait, - des élégantes en wiski
s’étaient fait applaudir, non pour leur toilette, mais pour leur hardie
nudité. […] Les muscadins, les inconcevables, les incroyables,
les inimaginables (ainsi les appelait-on tour à tour)
promenaient dans Paris leur sottise parfumée, leurs boucles d’oreilles,
leurs bijoux de femmes et leurs breloques en forme de fleurs de lis. De
temps à autre, ils se colletaient avec quelque croyable en
culotte vert jaune, portant le sabre à poignée en forme de tête de coq.
Les caricaturistes d’alors s’amusaient à crayonner ces querelles. Une
gravure du temps représentant, d’un côté des femmes demi-nues, à la
gauloise, de l’autre des femmes vêtues de la robe des châtelaines, et,
opposant la galanterie actuelle à la chevalerie passée, se moquait des femmes
d’aujourd’hui en regrettant les femmes d’autrefois. La
grande fureur en l’an V, après la valse – une valse où, tout en
tournoyant, on cueillait, les bras levés et la jambe arquée, un baiser
sur les lèvres de sa danseuse, - l’autre fièvre du jour,
c’était le thé. On donnait des thés partout : on s’asseyait autour
d’une théière en forme d’urne, telle que nous l’a dessinée Bosio, et
l’on croquait des gâteaux représentant des cœurs ou des lyres. ». pp.6-11.
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L'INVISIBLE.
Planche 52 de 1806 intitulée 'Costume Parisien' représentant un couple
avec une femme portant une capote 'invisible'. On appelle aussi les
personnes qui ont ce genre de chapeau : des invisibles. Le numéro de
planche et
la date laissent à penser qu'il s'agit soit d'une édition spéciale du Journal des Dames et des Modes,
soit d'une copie d'époque par exemple étrangère. Dimensions de la
feuille : 16,7 x 11,2 cm.
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Autres objets en relation se trouvant dans d'autres
rubriques : |
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LE
ROUÉ. Mercier, Louis-Sébastien, Tableau de Paris,
Nouvelle édition, Corrigée et augmentée tome III, Amsterdam, 1783. Le
chapitre CCCCLXII est consacré au 'Roué'.
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CHAPEAUX DE
MERVEILLEUSES. Gravure tirée d’une revue de modes de la fin du
XVIIIe siècle ou du tout début du XIXe représentant des chapeaux de
Merveilleuses, rehaussés à l’aquarelle. Il s’agit là des
chapeaux typiques des Merveilleuses de la fin du siècle qui ont de
longues visières. Certaines caricatures les montrent même
disproportionnées. Petites taches jaunes peu visibles. 10 x 16cm,
dimensions de la feuille : 11,7 x 18 cm. Gravure d'époque.
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L'ELEGANT AU
RENDEZ-VOUS DU PALAIS ROYAL Gravure du XVIIIe siècle
(d'époque), rehaussée à l’aquarelle. Dimensions de la
feuille entière : 15,5 x 23,5 cm. La
tenue de cet élégant du Palais-Royal est presque entièrement mouchetée,
dans un goût « léopard » à la mode à cette époque.
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JEUNE ELEGANT SE
PROMENANT AU PALAIS ROYAL. Cette gravure représente un
promeneur élégant du Palais Royal (fin XVIIIe – début XIXe). Sa badine,
sa cambrure, ses lunettes, son habit vert, les gros boutons … marquent
une élégance de la fin du XVIIIe siècle : celle de certains
élégants de cette époque. Cette estampe est intitulée : "Jeune
Elégant Se promenant aux Palais Royal pour fixer les Caprices de sa
Soirée. Avec Priv. [Privilège] du Roi." Il y a
l'indication du dessinateur : Watteau, et celle du graveur : Guyot
(sans doute Laurent Guyot, 1756 - après 1806). Le papier est de couleur
marron. Dimensions avec marges : 18,5 x 24,5 cm.
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LE SUPREME BON TON.
"Modes et Nouveautés - Le Suprême Bon Ton - A Paris chez Martinet
libraire rue du Coq St Honoré". Dimensions : 22,3 x 26,4 cm
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L‘ELEGANCE
PARISIENNE. N°1 (1804). LE DESAGREMENT D’ALLER A PIED – A
Paris chez Bance , Rue St Denis. N°175. près celle Aux Ours. – Déposé à
la Bibliothèque Nationale. On a attaché à un chien un petit
fagot, et en passant devant une Merveilleuse et un Incroyable il les
asperge de boue. L’Elégance parisienne est une suite de 7
estampes publiées en 1804 qui dévoilent les infortunes de la mode,
comme celle intitulée Le désagrément d’être joli garçon où un
jeune homme élégant est représenté entre un policier qui l’attrape par
son collet et une femme qui le retient d’un côté tout en étant
elle-même modérée par l’énorme bourse (sur sa traîne) de son petit
mari. Couleurs de l’époque. Papier bleuté un peu froissé.
Dimensions : 21 x 29 cm et la feuille entière 34 x 25,8 cm.
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INCROYABLES &
MERVEILLEUSES CHEZ LES DECROTTEURS. Cette gravure d'époque
Directoire a pour titre Les Décroteurs en Boutique. Elle
représente des incroyables et des merveilleuses qui sont caricaturés.
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Chez des antiquaires amis : |
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En vente chez
l’antiquaire Christian Pécout à Mont Louis sur Têt : L’ORANGE
OU LE MODERNE JUGEMENT DE PARIS. Aquatinte du début du XIXe
siècle de Louis-Philibert Debucourt (1755-1832) dessinateur et
sculpteur, de 44 x 33 cm. Baguette en Acajou. Cette gravure présente de
jeunes gens jouant le jugement antique de Pâris. Au lieu d’une pomme
d’or sur laquelle est marquée « à la plus belle », c’est une
orange qui est offerte à la gagnante. C ’est un Incroyable aux cheveux
courts « à la Titus » (voir rubrique « Coiffures »)
qui joue le rôle de Pâris et trois Merveilleuses ceux d’Héra, Athéna et
Aphrodite.
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Élégants du Moyen-âge
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